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Don't liberate, help GLAMs to emancipate content/fr

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Ne forcez pas les institutions culturelles à se mettre sur la défensive - quand la communauté Wikimedia utilise la phrase « libération du contenu », les institutions culturelles n'entendent pas « liberation », mais « vol ».Image : Picture: livre enchaîné médiéval.

Quand nous, la communauté wikimédienne, utilisons la phrase « libération du contenu » auprès de ceux qui ont pour charge de veiller aux collections originales, ceux-ci n'entendent pas « libération », mais « vol ». « Libération du contenu » est une phrase communément utilisée dans le contexte wikimédien pour décrire les efforts entrepris pour obtenir que des médias libres (le plus souvent des collections de vieilles photographies) soient :

  1. numérisés,
  2. publiés en ligne (autant que possible en haute résolution, dans un format sans pertes, sans DRM ou couches intermédiaires irritantes telles que zoomify)
  3. publiés (si toujours protégées par le droit d'auteur) sous une licence approuvée par la commmunauté du libre
  4. mis sur Wikimedia Commons.

Le but de tout cela est la publication et la diffusion d'un héritage culturel qui était auparavant indisponible, ou accessibles seulement à une minorité, afin qu'il puisse revenir à la vie - et être libéré.

Cependant, pour les galeries, bibliothèques, archives et musées (GLAM) qui possèdent physiquement l'objet d'origine, une autre préoccupation existe en parallèle de celle de la publication, et même parfois en opposition avec cette dernière : celle de la préservation. Pas seulement la préservation de l'objet original dans son état actuel, mais aussi la préservation du contexte et du « sens » de l'objet. De la même façon que les gens n'aiment pas être cités hors contexte, les musées n'aiment pas voir leur travail utilisé pour soutenir des idées contraires à l'esprit de l'objet.

Dans cette perspective, quand nous nous rendons dans un musée et leur demandons de libérer leurs photographies pour Wikimedia Commons (et par conséquent pour les réutilisateurs de notre contenu libre), ils peuvent à la fois voir d'un bon œil l'augmentation de la diffusion mais aussi d'un mauvais la possibilité de voir leurs photographies « mal utilisées ». C'est après tout leur mission que de s'assurer que les gens n'ont pas simplement accès au savoir, mais que celui-ci leur est donné d'une façon correcte et appropriée.

Ainsi, si nous voulons construire des relations avec les possesseurs de contenu, nous devons leur donnée la possibilité de choisir d'eux-mêmes s'ils veulent ou non rejoindre notre démarche. Ce que ne nous ne devons pas faire, est leur enlever cette possibilité en « libérant » nous-même leurs contenus, les forçant par là même à prendre une posture défensive - une posture qu'ils garderaient probablement un certain temps.

Bien sûr, cela ne signifie pas que nous devrions nous coucher et acquiescer aux réclamations outrageuses faites par certains possesseurs de contenu. Cependant, nous devons trouver une phrase plus collaborative que « libérer ». C'est pourquoi le sous-tite de la conférence GLAM-WIKI était « trouver un terrain d'entente » et que la phrase-clé que nous avons tenté de faire passer (et répété encore et encore) était que nous voulions nous focaliser sur des « partenariats durables ». Et un terme décrivant le processus et permettant des négociations à part égale pourrait être « émancipation du contenu ».